Il était une fois une petite fille très reveuse. Elle pensait que l'amour existait et que le prince charmant viendrait dans sa belle mercedes blanche l'enlever.
Sa mère lui donna un miroir magique, et lui demanda de ne regarder qu'à travers ce miroir si elle voulait pouvoir se mirer. Elle se regardait tous les jours dans la glace et était contente de son reflet, une jolie petite fille avec deux mignones couettes.Un jour, elle rencontra quelqu'un de charmant, et elle crut que c'était un prince. Le temps passa, et le reflet était toujours pareil, mais la petite fille ne se sentait pas heureuse.
Il arriva ce qui arriva, en tenant le miroir, la petite fille fit tomber le précieux objet. Elle courut alors en racheter un autre, mais quand elle se mira à nouveau dedans, elle n'en crut pas ses yeux: elle était grande et n'avait pas le sourire qu'affichait l'autre miroir. Le prince charmant se mit à coté d'elle et elle vit qu'il n'était pas charmant.
Alors elle cassa le miroir et prit des billets d'avion pour Nouméa.
Corinne aime beaucoup la fete, je l'ai constaté. J'aime aussi la fete, mais j'ai mes limites. J'aime bien rencontrer des gens, et j'aime flirter mais je n'aime pas qu'on me brusque et qu'on me parle comme à une vielle pute qui aurait tout vu et tout vécu. J'ai peut-etre le langage cru des fois, mais ce n'est que dans le but d'enfoncer plus profondémment mon idée.
Serais-je une jeune femme sérieuse? Je n'espére pas, mais j'ai la désagréable sensation que si je me regarde dans la glace, je trouverai une vieille femme ridée.
Je pars dans 15 jours, et je n'ai pas l'impression que je m'en vais. Le temps se déroule lentement dans un rêve intemporel. Je ne sais plus comment les heures passent. Il n'y à plus que le matin, le midi et le soir. Les jours défilent rapidement sans m'offusquer.
Je me suis rendue compte à midi, en mangeant chez une collègue de travail (mmm... qu'est-ce qu'elle fait bien la cuisine!) que cela faisait cinq mois que je n'étais pas en France. A un moment dans la conversation j'ai dit:"moi, quand j'étais en France". D'habitude je dis "moi, en France il m'arrive de...".
Je regarde souvent l'eau qui entoure mon bateau, et les lumières un peu plus loin qui me donnent l'impression qu'il y à une mini-fete foraine. Il n'y à pas de bruit, le bateau tangue et l'eau clapote contre ses flancs. Je me dis que je suis bien.
Je suis là encore pour quinze jours. Que vais-je devenir? Qui va m'aider? Qui va me tendre la main?
Ah, j'aimerais bien.
Hier c'était la saint-valentin que j'ai indirectement feté avec un collègue de travail.
J'ai une rose tatouée sur le dos, c'est le tatouage le plus stupide de la terre. J'ai pensé: "les jours ou tu déprimes, tu te dis que tu es une rose, la preuve, tu l'as tatoué sur le dos". Mon collègue à cru qu'il fallait m'en offrir une, histoire de donner le change.
Non.
La saint-valentin, Noel et le jour de l'an sont des fetes pourries.
D'ailleurs toutes les fetes sont pourries.
Une vraie fete ne se planifie pas, la fete c'est le petit cadeau surprise, la pensée qui console, la lecture d'un livre de poésie au milieu de la soirée, pour montrer à ta collègue que toi aussi tu aimes la littérature. La fete, c'est se dire" il va falloir que je me tape toute la montée" et quelqu'un arrive puis te dis "allez, je sais pas qui tu es, mais je te dépose".
Demain nous sommes samedi, je passe le niveau 1 de plongée si je suis pas trop nulle.
J'ai le coeur qui palpite, le palais agité. Je suis dans l'expectative.
Ce soir soirée chez ma collègue de travail.
Ce qui serait bien, ce serait que je ne rentre pas ce soir sur le bateau.