Ca y est! je l'ai enfin visitée cette ile des pins. Un adjectif?
Ma-gni-fique
Des plages au sable d'une blancheur éclatente, l'eau turquoise et bleue ciel vers la cote. Une eau claire et chaude, des poissons qui rivalisent de beauté. La nature comme au premier jour.
Ceux qui comme moi aiment la mer et revent de vivre sur une ile ont de quoi se réjouir. Je me réjouis.
J'étais avec Nico et Coco ma colloc. Je n'avais rien prévu, ni les tentes, ni les affaires de rechange. J'étais partie pour faire une plongée point. Vendredi soirée "infected mushroom", soirée musique techno-transe. Nuit blanche. Nous arrivons sur le bateau Coco et moi complétement decalquées. On ne marchait pas, on peinait. On marchait à quatre pattes. Nous arrivons sur l'ile et je loue des vélos. Nous décidons d'aller à la piscine naturelle. Nous pédalons encore encore et encore. Nous arrivons 4 heures et 20 km plus tard dans la superbe crique. Coco et moi étions tellement crevée qu'on n'à pas vraiment profité de l'endroit. Je me suis quand meme baignée, trop tentant, il faut que j'y aille. Magnifique. Nous sommes allées manger des langoustes dans un petit restau un peu plus loin. Coco s'endort dans la voiture, Nico et moi restons à bavarder. Nous ne nous sommes couchés que plus tard, dans un état lamentable de fatigue.
Le lendemain je plongeais.
Il faut dire qu'ici on passe le niveau 1 en deux jours. Honnetement c'est rien. Que peut-on apprendre en deux jours? Sachant que la mémoire fuit et n'est pas infaillible. Surtout chez moi.... je me suis retrouvée donc le dimanche parmi quatres plongeurs, dont une autre femme. J'ai demandé à la jeune femme: "tu es quel niveau?" elle me répond "niveau 1" je me suis dit"ooooouf, je serais pas la petite nouvelle" je continue donc "et tu as fait combien de plongées jusqu'à présent?" elle réfléchit un moment puis me répond "une trentaine" eeeeeeeeeeeerk "et toi?" "Moi? euh.... puis je murmure: 4..." voila les autres c'était à peu près pareil, niveau 3 et 4 puis le moniteur.
Bon, essayons de nous calmer, tout va bien se passer, enfin je l'espère.
J'essaye tant bien que mal de preparer mon matériel, mais j'étais intimidée par tout ce monde, impossible de me souvenir de quoi que ce soit, c'était comme si je n'avais jamais plongée. Le moniteur souffle un peu, exaspéré, je me ratatine encore plus. Pendant toute la traversée de la mer jusqu'à l'endroit de la plongée je flippais comme une malade.
Nous arrivons à l'endroit de la balade et me voila dans l'eau, à plonger avec les autres.
L'eau, c'est mon élement. J'ai passé toute ma jeunesse dans les eaux limpides mais glaciales de la Croatie. Je savais nager avant de savoir marcher. L'eau c'est ma mère.
J'aime plonger, pour beaucoup de raisons plus ou moins bonnes.
Quand je suis dans l'eau, ravitaillée en oxygene par le détendeur il n'existe plus personne. Je suis contre la mer, dans la mer, avec la mer. Je suis seule façe à moi-même et façe à mes peurs. Je suis une flippée mais la mer ne pardonne pas, il faut pouvoir se controler, se maitriser, aller au dela de sa peur. Il n'y à pas de son sous l'eau, enfin si il y en à mais au moment ou je plonge je n'entend plus rien, juste les battements de mon coeur qui cognent fort et régulièrement, puis ma respiration saccadée, appeurée par toute cette masse liquide autour de moi. Je suis seule et il n'y à que moi qui puisse me gerer.
J'ai plongé et j'ai paniquée, j'ai commencé à respirer dans tous les sens, puis je me suis dit:" nonobi, calmes-toi. Si tu claques tout ton oxygene non seulement tu ne profiteras de rien mais en plus tu obligeras tout ce petit monde à remonter avec toi. Respires, respire, calmes-toi, respire".
Je reprend ma respiration normale, je me calme. Je regarde autour de moi, les gens se préparent à partir, je vais vers eux et les suis. Personne ne se doute de la lutte intérieure que je me fais. Je nage, l'eau glisse sous moi, rentre dans ma combinaison, me rapelle que je suis caressée par une main amie, qui ne tentera rien si je suis calme et sereine. Je profite de la balade, un des plongeurs du club me filme, je passe devant lui et lui fait un signe en "V" pour victoire. Victoire sur moi-même, victoire. J'aime la mer, je m'y rend sans regret.
Nous ressortons de l'eau après avoir nagé 50 minutes. Je suis encore un peu étourdie des merveilles que j'ai pu voir, et du fait d'avoir réussi à les suivre.
"mais dis donc, ça va, tu as l'air d'assurer dans l'eau!" me sors le moniteur. Je suis perplexe. "ah...ah oui?" "Bon, puisque nous sommes un groupe homogène, on va se faire une petite dérivante" J'acquièsce, morte de peur. C'est ma première dérivante. Le moniteur m'aide à plonger, et je comprend d'un coup le truc que jusque là je n'avais pas pigé. La purge rapide puis la plongée, pas de plongée puis de purge rapide. Je viens d'apprendre un truc. J'adore.
Le moniteur nous fait plonger, j'ai mis le masque sur la capuche de ma combinaison, tout va bien. L'eau me rentre dans le masque, c'est pas grave, je souffle. l'eau continue de rentrer dans le masque, je ressoufle. L'eau ne s'arette pas.
Je pense: "nous sommes à 18 mètres sous l'eau, il ne faut pas que je panique". J'ai une furieuse envie de remonter à l'air libre, de respirer et de voir normalement. Je pense vaguement que je vais me noyer, puis à nouveau j'intériorise" nonobi, tu as de l'oxygene avec toi, tu ne te noiras pas, tu ne vois pas, c'est moins grave que de ne pas respirer, calmes-toi, respire, respire: ou est le problème?" je passe mes mains derrière la tete, la capuche de la combinaison était en train de tomber, l'elastique pareil. j'étais en train de perdre mon masque. Je remet ma combinaison et mon masque. Tout tenait parfaitement.
Je reprend mon souffle normal, je me calme.
Le moniteur me fait des signes:"tu devrais arretter de t'agiter autant"
Je ne m'agitais pas! je perdais mon masque et j'étais en train de paniquer! Nuance!
au lieu de cela je fais "oui" de la tete et je suis le groupe.
Nous avons traversé une grotte, puis nous sommes passés entre des rochers. Je suivais encore le groupe, sans souci. Je vole dans l'eau, je sens l'eau sur moi, je suis redevenue un bébé dans le ventre de sa mère.
Nous remontons, le soleil cogne fort, il est midi. Je suis complétement décalquée.
Nous revenons au centre de plongée, le moniteur me fait quelques compliments pour la plongée que j'ai réussi à suivre. Je me complimente moi-même intérieurement. J'ai adoré aussi la plongée. Il marque sur un tableau les différentes plongées que nous avons effectués. " 24 mètres pendant 50 minutes, 27 mètres pendant 40 minutes".
J'hallucine.
J'ai fait ça moi? J'étais persuadée d'etre à 18 mètres.
Je reviens au camping et j'attends Nico et coco partis se baigner. Je me mets sur une table puis pose ma tete sur mes bras. Je m'endors.
Ils arrivent, aussi frais et dispo que ce peut. "Alors cette plongée?" Je me remet lentement de mes émotions" funky".
Voila nous sommes revenus sains et sauf, claqués mais epoustoufflés devant la beauté magique de l'endroit.
Comment faire pour quitter la Nouvelle-Calédonie après ça?